Retour au boulot.
Le problème dans le métier de
créatif-infographiste-maquettiste* n’est pas de se faire engueuler lorsqu’on est en retard (tout le monde s’en fout), c’est de rattraper le fameux retard. J’avais 6 post-it sur mon Mac, trois ou
quatre fax de corrections sur ma chaise, des mails j’en parle même pas, et les productrices** à mes trousses. No problème, j’ai la gniak d’un coureur cycliste qui est passé par le ravitaillement
spécial.
J’étais une pieuvre. Jamais assis, un téléphone dans une main, une
souris dans l’autre, un crayon dans la troisième et une quatrième main pour me gratter les parties*** (tic récurrent chez moi quand je suis chargé). Evidemment, j’ai fait quelques pauses platrage
de narines aux toilettes, faut pas déconner quand même, se sustenter c’est primordial. Bref, j’aurai avalé tout cru Séguéla**** (oh grand patron vénéré), et autres masters auto-proclamé de la
pub.
Puis d’un coup d’un seul, ça vous revient direct façon boomerang : un seul hêtre vous
manque, et tout n’est que peuplier dans cette grande jungle qu’est la vie (elle doit être coupé au patchouli ou à l’encens tibetain, pour sortir des trucs comme ça..). Mon fils.
Je m’en remet une couche dans la truffe avant de partir, je boucle mon
Mac, et je m’éclipse prétextant une nouvelle visite d’appart malgré les protestations de mes collègues. Mais ils connaissent ma situation actuelle et font preuve d'indulgence, cool.
Direction le centre historique de Clermont, j’ai un besoin vital de retour aux valeurs saines, à l’amour filial, à un poutou baveux sur la joue d’un petit crapaud que j’aime au-delà de
tout.
Généralement lorsque je passe voir mon fils, je reste environ 1h30-2h, le temps de jouer un peu avec
lui. Mais là, j’ai fait du condensé, car je me sentais trop speed. J’ai horreur d’être avec mon fils dans un état, disons dénaturé, même par un peu d’alcool. Les rares fois où cela
m’est arrivé, j’ai tout de suite compris que cela n’était pas compatible.
Il y a des choses qu’il ne faut absolument pas mélanger. Je n’ai jamais compris les gens qui
fument des pétards entre amis pendant l’apéro alors que leurs enfants jouent dans la pièce à côté quand ce n'est pas dans la même pièce. Sans juger
(chacun fait ce qu’il veut), je n’adhère pas. Le joint fausse les rapports, je ne me vois pas jouer avec mon fils avec les yeux rouges, le ricanement facile, et le propos surréaliste. J’aurai
vraiment l’impression de perdre ma crédibilité paternelle nécessaire à son équilibre, et surtout de me sentir très con.
Bref, Après avoir joué aux voitures qui volent dans le ciel (brouuuuwouahoummm), au toboggan sur
le canapé (wouahouuuuu)et à la grenouille (bouaka – bouaka) sur le parquet du salon, je suis reparti non sans l’en avoir embrassé 2 ou 3 douzaine de fois, la boule au ventre comme à chaque fois
que je referme cette porte en le laissant de l'aute coté.
*créatif-infographiste-maquettiste : Kebab-salade-tomates-oignons. la sauce ? de la blanche évidemment...
** productrices : personnes qui font le tampon entre la créa et le service commercial/les clients et fournisseurs. Ne pas confondre avec les reproductrices, ces dernières ne mettent jamais de
tampons.
*** parties : les castagnettes, les rouleaux, les choses de la vie quoi..
*** Séguéla : Djacques Séguéla. Qui n'a pas dit que des conneries, la preuve : " Ne dites pas à ma mère que je bosse dans la pub, elle me croit pianiste dans un bordel".
Excellent, non ?
A suivre.