Mercredi 28 mai 2008

 

                             Le lendemain. Un SMS dans la langue de Molière après une sérieuse cuite* (ça donne à peu près ça : « kaice tuf ? vernissage 20h o 3si, ok ? ») me sort de mon Mac ou je tentais une troisième piste pour un carton d’invitation. Les 20 ans d’un éminent centre commercial clermontois. De toute façon, je sais pertinemment qu’ils choisiront la première piste, réalisée dans « la ligne du parti  », c'est-à-dire dans le style de la campagne en cours. Mais comme il faut bien justifier les honoraires de création, j’en ponds toujours une ou deux en plus (des « chèvres » dans le jargon du métier), celles qui sont les plus sympas à travailler, car on peut se laisser aller, se lâcher. Ca marche rarement (à l’instar du créatif qui est prétentieux**, le client est frileux), mais ça entretient les neurones (enfin ce qu'il en reste) et permet des expérimentations. Et puis ça nourrit le book, car : qui sait de quoi demain sera fait ?


                            Donc je ferme tout, car il est 19h30 et une bonne douche ne sera pas du luxe pour attaquer les kirs, petits fours et gros nichons.

 

                            J’opère donc un bref repli dans mon ex-foyer pour une opération lavage-express et curage des ratiches, j’enfile une chemise propre, un caleçon à peu près propre, et c’est parti.

 

                            Le 3si est un bar "branché" de Clermont, situé dans une petite artère autour de la Cathédrale. La plupart des mes amis le fréquentent, et le serveur est un pote***.Tout ce qui il y a de pubeux, avocats, médecins, antiquaires, plasticiens et autres adeptes d'une certaine branchitude "bobo" s’y retrouvent dans une déco mélangeant l’ancien et le moderne. Des expos régulières de peinture y ont lieux, sur fond d’easy listeaning, de jazz et de musique latino. Certes, moins bon marché qu'à l'Arrozoir, mais il faut varier les plaisirs et ne surtout jamais se contenter d'un seul guetto. La culture, la compréhension du monde et la tolérance se nourrit de la curiosité et de la diversité, n'est-il point cher ami ?


                           Il est 20h30 lorsque je me pointe. Les incontournables pique-assiettes de ce genre de manifestation sont déjà en place (mais sans eux ça serait moins drôle finalement), agglutinés autour du buffet comme des morbaques sur la touffe d’une vieille pute (Frédéric Dard****, si tu m’entends, respect...), une coupe de champagne à la main et une assiette de mini pizzas dans l’autre (comme son nom l’indique, le pique-assiette ne pique pas les toasts dans l’assiette mais pique l’assiette entière).

* cuite : ne me faites pas croire que Molière ne prenait jamais de cuite : artiste et saltimbanque, il ne devait pas être le dernier pour taper dans la gourde après les représentation théâtrales..
** prétentieux: et je sais de quoi je parle...
*** pote : Là où j'irai mes potes iront. Je sais, c'est nul. Je n sais pas, je ne sais plus, je
**** Frédéric Dard: San Antonio, mon maître ! mon idole ! que dis-je, mon dieu
!

A suivre

Par Lolo Graf - Publié dans : Rom Pol Fic Auto Bio Light
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