Rom Pol Fic Auto Bio Light

Lundi 2 juin 2008



                         On poursuit le vernissage chez James. Au menu : rouge, blanc et blanche, il est minuit, Clermont somnole. En tout cas, nous on est en pleine forme, et pour cause. Nous discutons, ricanons et dansons, sans oublier de se frotter. Inévitablement quelques échanges labiales surgissent. J’ai des envies bestiales de sexe. Faut que je me domine sinon je refait "American Psycho*" version Massif Central : «violée puis déchiquetée à coup de tessons de vin de Boudes, la jeune fille a été retrouvé avec un saucisson pur porc au fond du vagin », ça va faire riche dans les colonnes de La Montagne.

                         N’empêche que la petite blonde je lui boufferai bien la touffe. C'est du reste ce que j'ai fait, sans oublier la sublime fellation dont elle m'a gratifié en retour. C'est une fille réglo, elle renvoie l'ascenseur si je puis dire. Après s'être consciensieusement occupée de moi, elle s'est rhabillée, je me suis levé et Wuh Putty ! j'ai eu l'impression d'être un poulain qui vient de naître : les jambes qui flageolent et les genoux en castagnettes, elle m'a pas raté...J'ai attrapé les toilettes au vol et finis enfin par m'endormir lamentablement** chez mon pote dans un sommeil profond où les évènements de ces derniers temps ont ressurgit dans un scénario digne de Quentin Tarantino remixé par David Lynch, c'est vous dire le bordel.


                        On est vendredi, the last day of work et c'est tant mieux car j’ai la tête qui va exploser. Je suis évidemment arrivé en retard à l’usine ce matin (un classique chez moi le vendredi). Tout en faisant des efforts sur-humain pour me concentrer sur mon taf, j’ai compté les heures jusqu'à cette fin d’aprèm, la cloche virtuel de fin de journée sonnant la délivrance vers 19h00. Nous buvons un coup entre collègues, rituel de fin de semaine, un peu dans l’esprit des « Alla*** » dans l’imprimerie ou dans la presse, qui clos les bouclages. Et puis, inévitablement : toilettes - coke  - nez-qui coule.

                      Un nouvelle piste d’appartement via un pote se profile, rendez-vous rue Ballainvilliers au Top Bar à 19h30. J’y suis. L’immeuble est classique, et l’appart est au 1er (important pour les courses et pour porter mon fils quand il dort, ainsi que pour les retours de soirées ou chaque marche**** devient un obstacle à franchir vous séparant de votre pieu…). J'espère qu'il ne vont pas me refaire le coup du serrurier, c'est bon, les conneries j'ai donné. Ou alors si je pouvais trouver directement un sac rempli de biffetons, en petites coupure si possible, ça m'arrangerait. Non ? c'est pas possible ? je sais pas moi, j'essaie des trucs... après tout c'est une fiction on ne sait jamais..

                      Et devinez quoi, juste en dessous c’est le  sex-shop de la rue Ballainvilliers. Je vais donc devoir passer dix fois par jour devant sa vitrine ou des photos de nanas à poils se tripotent dans des positions plus que suggestives.. Super, ça va bien m’aider ça à controler ma libido…

 
* American Psycho : Roman fiction de Brett Easton Ellis. A lire mais pas à regarder, le film est nul.
** Lamentablement : la bouche ouverte en vrac sur le canapé, avec un filet de bave au coin des lèvres.
***Alla : "A la santé du confrère-heu, qui nous régale aujopurd'huiiiii..."
**** Marche : Attention à la marche, sinon elle vous saute à la gueule. C'est vicieux une marche quand on est bourré.

A suivre

Par Lolo Graf
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Vendredi 30 mai 2008

                   J’aperçois mon pote James, l’initiateur du SMS et infatigable dragueur, déjà au boulot avec deux minettes. Comme c’est mon ami, et qu’il faut toujours aider ses amis, je me propose de l’assister afin de rendre l’échange plus paritable*..


-
        
Salut James, tu vas ? (bises)

      -         Bien, et toi ?


                   Sans attendre ma réponse (c’est là qu’il est pro le James, il sait qu’il ne faut jamais lâcher une proie plus de 30 secondes lorsqu’on est entouré de prédateurs, surtout si elle est blonde)


       -     Je te présente Marie, jeune architecte DPLG** nouvellement installée à son compte, et Sonia (la blonde) qui tient un Internet-café. Voici mon ami et ex-collègue (je comprends qu’il leur a fait l’article sur notre expérience passé d’associé dans une petite agence de pub dans les années 90) Lolo.

                J’enchaine les banalités d’usage, ponctués de traits humoristiques et de de culture à deux balles. Je suis présent physiquement mais absent d’esprit. Je commence à fatiguer nerveusement . Trop de stress, trop de complication dans ma vie qui n’aspire qu’à de l’amour et du calme. Je voudrais simplement être heureux, c’est trop demander aujourd’hui ? Aimer mon fils, m’en occuper, être amoureux, vivre en harmonie, avoir des potes, partir visiter le monde qui m’entoure, faire des trucs bien quoi. 

               C’est si utopiste que ça comme aspiration ? Ils me font chier tous dans ce vernissage, je ne suis pas en phase, j’ai le coup de speed. J’ai le cerveau qui bouillonne et le cœur qui tape à 130 BPM. James qui me connaît par cœur, le sens. Je le vois dans son coup d’œil interrogateur qui me dit «  kèçe kya, t pas en canne ». Même sans parler il faut qu'il me parle en langage sms ce con. J' vous jure, elle est belle la France...

 

                  Je prétexte un besoin naturel pour m'eclipser et aller me faire un trait. Je suis en terrain connu, ces chiottes n’ont aucun secret pour moi. Je fais vite et efficace, "pas vus pas pris". On ne peut pas dire que ça me calme, ce n’est pas vraiment le but du jeu, mais disons que ça distrait mon esprit, chasse mes idées noires et me re-concentre sur le décolleté avantageux de la petite Sonia dans lequel j'irai bien me noyer du reste.. Vu la façon qu'elle a de me les coller sous le nez à tout bout de champ, j'ai bien l'impresssion que ce soir je vais faire une petite randonnée sympathique sur ses deux Monts de la Vache et de Lassolas***.

 

               Je scotche un moment avec l’artiste qui est un confrère également du milieu de la pub. Heureusement, il a oublié d’être con, et on parle graphisme, peinture, de formes et de courbes, de couleurs, bref de truc intéressant, rien à voir avec des histoires de boulots et de clients-chiants (pléonasme) ou d’informatique-de-merde (re-pléonasme). Ca fait du bien. Ses toiles sont peu fouillées techniquement (au premier abord en tout cas) mais très graphiques. Des représentations féminines essentiellement, des vénus callipyges aux formes généreuses, comme je les aimes.

                Il a le vent en poupe, ses expos s’enchaînent et ses toiles se vendent bien. J’en ai moi-même fait l’acquisition d’une il y a quelque temps, par goût d’abord, et par volonté également de construire un héritage « culturel » pour mon fils. Je suis un panier percé, je sais pertinemment qu’il y a peu de chance (sauf miracle de la Française des jeux, encore faudrait-il que je joue..) que  je puisse offrir un patrimoine immobilier.

               Aussi ais-je décidé de me constituer une petite collection personnelle dont je profiterais de mon vivant et que je transmettrais ensuite, avec pourquoi pas, la volonté de lui transmettre une certaine idée du "beau" (selon mon œil évidemment). Et dans le lot, peut-être une toile aura-t-elle pris de la valeur ? (l'espoir fait vivre)


                         Pendant ce temps James et moi avons définitivement marqué**** notre territoir
           autour des deux minettes, c'est chasse gardé pour cette soirée, qui risque d'être 
           longue je l'espère..

* paritable : trop sympa. Et sans me forcer en plus.
** DPLG : Direct Pour La Galère
*** Mont de la Vache et de Lassolas : Quand je vous ai dis que je ferai du local, je fais du local...
**** marqué : Oui monsieur ! nous avons pissé en rond autour d'elle plusieurs fois pendant le vernissage, en grognant dès qu'un mâle s'approchait un peu trop près.


A suivre...

Par Lolo Graf
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Mercredi 28 mai 2008

 

                             Le lendemain. Un SMS dans la langue de Molière après une sérieuse cuite* (ça donne à peu près ça : « kaice tuf ? vernissage 20h o 3si, ok ? ») me sort de mon Mac ou je tentais une troisième piste pour un carton d’invitation. Les 20 ans d’un éminent centre commercial clermontois. De toute façon, je sais pertinemment qu’ils choisiront la première piste, réalisée dans « la ligne du parti  », c'est-à-dire dans le style de la campagne en cours. Mais comme il faut bien justifier les honoraires de création, j’en ponds toujours une ou deux en plus (des « chèvres » dans le jargon du métier), celles qui sont les plus sympas à travailler, car on peut se laisser aller, se lâcher. Ca marche rarement (à l’instar du créatif qui est prétentieux**, le client est frileux), mais ça entretient les neurones (enfin ce qu'il en reste) et permet des expérimentations. Et puis ça nourrit le book, car : qui sait de quoi demain sera fait ?


                            Donc je ferme tout, car il est 19h30 et une bonne douche ne sera pas du luxe pour attaquer les kirs, petits fours et gros nichons.

 

                            J’opère donc un bref repli dans mon ex-foyer pour une opération lavage-express et curage des ratiches, j’enfile une chemise propre, un caleçon à peu près propre, et c’est parti.

 

                            Le 3si est un bar "branché" de Clermont, situé dans une petite artère autour de la Cathédrale. La plupart des mes amis le fréquentent, et le serveur est un pote***.Tout ce qui il y a de pubeux, avocats, médecins, antiquaires, plasticiens et autres adeptes d'une certaine branchitude "bobo" s’y retrouvent dans une déco mélangeant l’ancien et le moderne. Des expos régulières de peinture y ont lieux, sur fond d’easy listeaning, de jazz et de musique latino. Certes, moins bon marché qu'à l'Arrozoir, mais il faut varier les plaisirs et ne surtout jamais se contenter d'un seul guetto. La culture, la compréhension du monde et la tolérance se nourrit de la curiosité et de la diversité, n'est-il point cher ami ?


                           Il est 20h30 lorsque je me pointe. Les incontournables pique-assiettes de ce genre de manifestation sont déjà en place (mais sans eux ça serait moins drôle finalement), agglutinés autour du buffet comme des morbaques sur la touffe d’une vieille pute (Frédéric Dard****, si tu m’entends, respect...), une coupe de champagne à la main et une assiette de mini pizzas dans l’autre (comme son nom l’indique, le pique-assiette ne pique pas les toasts dans l’assiette mais pique l’assiette entière).

* cuite : ne me faites pas croire que Molière ne prenait jamais de cuite : artiste et saltimbanque, il ne devait pas être le dernier pour taper dans la gourde après les représentation théâtrales..
** prétentieux: et je sais de quoi je parle...
*** pote : Là où j'irai mes potes iront. Je sais, c'est nul. Je n sais pas, je ne sais plus, je
**** Frédéric Dard: San Antonio, mon maître ! mon idole ! que dis-je, mon dieu
!

A suivre

Par Lolo Graf
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Lundi 26 mai 2008


                              Quand je vous disais que c’était une conversation en bois. On fais tous la même chose tout les week-end. Il y a rarement de surprise. Les mêmes personnes dans les même lieux, dans l’ordre ou dans le désordre, c’est toujours la même course qui se joue ou presque. C’est l’inconvénient des petites villes. Mais bon, je ne peux pas lui en vouloir à la petite Sandy, si elle m’avait demandé ce que j’avais fait le week-end dernier j’aurai répondu quasiment la même chose.


                            Mère nature (le Père, lui, il s’en fout, il est au bistrot avec ses potes..) me rappelle qu’il serait de bon ton de faire la vidange, et me voilà en train d’attendre devant les toilettes à l’étage du dessus. Je prie pour que ce soit un mec à l’intérieur, ça urge*... 
                          
                            Des pas dans l’escalier, je me retourne, j’ai vraiment l’impression d’être acteur malgré moi de Surprise-Surprise, car c’est la femme que je suis censé éviter qui s’approche. Il faut se rendre à l’évidence, je suis "plus doué pour récolter les ennuis que pour semer l’ennemi". A l’instant même où je l’ai aperçu dans le bar, j’aurai dus partir illico. Il va falloir improviser, être créatif et pertinent, et être bon pour une fois…

- Re-bonjour ou plutôt bonsoir, me dit-elle ponctué d’un large sourire Colgate**, nous nous sommes déjà croisés cet après-midi il me semble ?


- C’est exact.


                             J’ai un grand vide dans la tête, comme un trou de mémoire pendant une représentation théâtrale, je n’arrive pas à trouver une formule qui me permettrait de créer le doute quand à ma présence dans son immeuble. Du style « je passais voir un ami qui habite au troisième.. » mais en plus crédible et surtout naturel. En même temps, si je dis ça, elle va certainement se demander pourquoi j’ai ce besoin urgent de justifier ma présence, aurais-je quelque chose à me reprocher ? Donc, comme au poker, je paie pour voir, j’attends qu’elle abatte ses cartes. J’improviserai en fonction de son jeu.


- Vous êtes le futur locataire du loft du deuxième ?


- Oui. Enfin non. A vrai dire, je n’ai pas encore fait mon choix, j’en ai d’autres à visiter alors j’hésite.


- Je suis arrivé au bon moment me semble-t-il cet après-midi, cela m’a permis de constater le « beau » travail de votre serrurier…


- Le serrurier mandaté par la propriétaire plus exactement. Je ne connaissais pas mieux que lui les lieux, je n’ai donc pas pu éviter la confusion des appartements. Je n’ai malheureusement fait que regarder et constater les dégâts. Je suis navré de ce qui est arrivé.


- Mais vous n’avais même pas pris le temps de visiter le loft du premier apparemment, le serrurier vous a cherché partout, vous deviez être très pressé de partir…en voir d’autres certainement…

Elle joue avec moi, la bougresse***.


- Certes, j’avais déjà perdu trop de temps comme ça (vrai) et mon travail ne me permet pas de m’absenter très longtemps (faux). D’autant plus que je ne cherche pas spécialement un loft (vrai) et j’en avais d’autres à voir dans l’après-midi (faux). Et puis, entre nous, si tout le voisinage est aussi curieux que vous, je crois que j’ai bien fait de laisser tomber. J’aime la discrétion et je fuis les commérages. Mes soucis personnels me suffisent amplement.

 

- Pardonnez-moi, mais avouez que lorsque vous rentrez chez vous, que vous trouvez une nouvelle serrure à votre porte et que vous croisez des étrangers dans le couloir, vous vous posez naturellement des questions, vous ne croyez pas ?


- Comme quoi par exemple ?


- Comme : Pourquoi ce trafic de serrure ? Qui sont ces gens ? Sont-ils rentrés chez moi ? ne m’aurait-on point dérobé quelque chose ?


- Vous avez les réponses à vos questions, non ? je peux aller pisser si ça ne vous dérange pas ? c’est très agréable de discuter avec vous, mais là je ne tiens plus.


Ca commence à me gonfler et pas que la vessie.


                           Je m’engouffre dans les toilettes minuscules enfin libérées, parce que c’est vrai que je ne tiens plus. Un peu plus je me pissais dessus. Ca aurait été délicat de jouer aux durs avec une auréole au niveau du bas-ventre et une flaque autour des chaussures.


                          Au moment ou je ferme le loquet et m’apprête à déboutonner ma braguette (putain de mode des braguettes à boutons, ça devrait être interdit aux buveurs de bières.), une voix derrière la porte me susurre :

-      Nous nous reverrons bientôt, j’ai une proposition à vous faire.

 

                        Blanc. Un ange passe, moi je pisse.

 

Après m’être finalement copieusement arrosé les pompes tellement

je tremblais, je ressort, elle avait disparu.



* ...urge : Oui, bon, rien de macho là-dedans, simple constatation par empirisme : les mecs sont souvents plus rapide à pisser que les filles, me trompes-je ?
** Colgate : C'est vrai ? j'ai gagné mon poids en dentifrice ? cool...
*** Bougresse : Féminin de bougre, bigre !

A suivre..

 

Par Lolo Graf
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Jeudi 22 mai 2008

                         
                            Légèrement frustré de cette visite trop éclair à mon goût - mais quand même ressourcé - je décide d’une pause bière. Je sors de l’immeuble, je traverse la rue piétonne et me voilà au bistrot l’Arrozoir*. 

                             C’est, comment dire, un mélange de "garage-brocante" aménagé en forme de buron. Il faut le voir pour le croire. Le style du lieu rustique avec son comptoir en bois, ses tabourets improbables et sa déco style « vieux bordel dans son jus récupérés dans le grenier de la grand-mère de ma grand-mère » contraste avec la musique pop-électro voire franchement techno quand ça se lâche.

                            La clientèle hétéroclite et homoclite** se croise et se mélange sans trop de problème. Il y a du quadra grisonnant qui drague du djeunes piercés, du looser et du rugbyman, des petites pépettes du quartier également. Tout ça discute, ricane et se frotte dans une ambiance plutôt bon enfant, avec pas ou peu de frime, c’est  plutôt reposant. Et question prix, très honnête. Ce qui m'arrange bien en ce moment.

                            Le tolier, un bucheron*** reconverti dans la limonade m’envoie un demi pendant que j’essaie de boucler une tournée de bises et de serrage de paluche. Il y a un peu de monde pour un milieu de semaine. De la fumée**** aussi, c’est normal pour un garage.

                  
                            
Il me semble apercevoir un groupe de quatre personnes dans le fond que je ne connais pas. Deux hommes et une femme. La femme, de dos, se retourne sentant peut-être que je la regarde. C’est Elle, la locataire de la rue St Hérem. Je fuis son regard, je ne sais pas si elle m’a aperçu et reconnu ou non, je ne veux plus regarder de toute façon. Fais chier.

                             Je me poste de dos et j'engage une conversation en bois (c’est le lieu pour, c'est un buron je vous rappelle) avec deux ou trois connaissances, histoire de faire comme si de rien n'était.


                            C’est incroyable de croiser cette femme ici alors que je ne l’ai jamais vu auparavant dans mon quartier. Cela ne me dit rien qui vaille***** et ne me plaît pas du tout. Je vais vraiment finir par immigrer en Bretagne ou en Creuse, ça se précise.

- Alors qu’est-ce que tu deviens ? me demande Sandy, petite nana du quartier, mignonnette.


- Je cherche un appart sur le plateau, pas cher, avec une jolie fille à l’intérieur, pas chiante de préférence (c’est plus rare) si t’entends parler..


- Ah bon ? t’es séparé ?


- Non, non, je monte un harem. Oui, je suis séparé. (mignonnette mais gentille, la petite Sandy...)


- Ah. Et ton petit ?


- Toujours petit, il va sur ses 3 ans.


Comme je n’ai pas très envie de parler de tout ça (ça se voit, non ?), ça tourne suffisamment en boucle dans ma tête, j’abrège et change de sujet.


- Et toi quoi de neuf ? t’es sorti un peu récemment ?


- Oui, le week-end dernier, on s’est fait un méga apéro chez Jean-jean******, puis parcours classique dans les bars du quartier avec passage au Velvet puis after à La Fabrique. Le tout pour un final à 9h00 du mat.


* L'Arrozoir : On y trouve pas beaucoup d'eau, mais quelques belles plantes  parfois..
** homoclite : je sais pas je viens de l'inventer.
*** Un bucheron: Ca va Gigi, je rigole...aie-heu ! pas sur la tête-heu !!
**** Fumée: Et oui...c'était à l'époque où on pouvait encore fumer dans les bars, où les Happy-hours existait, le bon vieux temps, quoi.
***** Vaille : Il n'y a que vaille qui m'aille. Oui je sais c'est nul. Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu, je
****** Jean-jean : Allez, on a tous un Jean-jean ou un Lolo ou un Pat ou une Kiki quelque part dans son répertoire, mais si, mais si, arrêtez de vous la jouer.


 A suivre

Par Lolo Graf
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Mercredi 21 mai 2008


                       Retour au boulot. 

                       Le problème dans le métier de créatif-infographiste-maquettiste* n’est pas de se faire engueuler lorsqu’on est en retard (tout le monde s’en fout), c’est de rattraper le fameux retard. J’avais 6 post-it sur mon Mac, trois ou quatre fax de corrections sur ma chaise, des mails j’en parle même pas, et les productrices** à mes trousses. No problème, j’ai la gniak d’un coureur cycliste qui est passé par le ravitaillement spécial.

 

                   J’étais une pieuvre. Jamais assis, un téléphone dans une main, une souris dans l’autre, un crayon dans la troisième et une quatrième main pour me gratter les parties*** (tic récurrent chez moi quand je suis chargé). Evidemment, j’ai fait quelques pauses platrage de narines aux toilettes, faut pas déconner quand même, se sustenter c’est primordial. Bref, j’aurai avalé tout cru Séguéla**** (oh grand patron vénéré), et autres masters auto-proclamé de la pub.

                  Puis d’un coup d’un seul, ça vous revient direct façon boomerang : un seul hêtre vous manque, et tout n’est que peuplier dans cette grande jungle qu’est la vie (elle doit être coupé au patchouli ou à l’encens tibetain, pour sortir des trucs comme ça..). Mon fils.

                 Je m’en remet une couche dans la truffe avant de partir, je boucle mon Mac, et je m’éclipse prétextant une nouvelle visite d’appart malgré les protestations de mes collègues. Mais ils connaissent ma situation actuelle et font preuve d'indulgence, cool. Direction le centre historique de Clermont, j’ai un besoin vital de retour aux valeurs saines, à l’amour filial, à un poutou baveux sur la joue d’un petit crapaud que j’aime au-delà de tout.


               
Généralement lorsque je passe voir mon fils, je reste environ 1h30-2h, le temps de jouer un peu avec lui.  Mais là, j’ai fait du condensé, car je me sentais trop speed. J’ai horreur d’être avec mon fils dans un état, disons dénaturé, même par un peu d’alcool. Les rares fois où cela m’est arrivé, j’ai tout de suite compris que cela n’était pas compatible.

                 Il y a des choses qu’il ne faut absolument pas mélanger. Je n’ai jamais compris les gens qui fument des pétards entre amis pendant l’apéro alors que leurs enfants jouent dans la pièce à côté quand ce n'est pas dans la même pièce. Sans  juger (chacun fait ce qu’il veut), je n’adhère pas. Le joint fausse les rapports, je ne me vois pas jouer avec mon fils avec les yeux rouges, le ricanement facile, et le propos surréaliste. J’aurai vraiment l’impression de perdre ma crédibilité paternelle nécessaire à son équilibre, et surtout de me sentir très con.

                 Bref, Après avoir joué aux voitures qui volent dans le ciel (brouuuuwouahoummm), au toboggan sur le canapé (wouahouuuuu)et à la grenouille (bouaka – bouaka) sur le parquet du salon, je suis reparti non sans l’en avoir embrassé 2 ou 3 douzaine de fois, la boule au ventre comme à chaque fois que je referme cette porte en le laissant de l'aute coté.


*créatif-infographiste-maquettiste : Kebab-salade-tomates-oignons. la sauce ? de la blanche évidemment...
** productrices : personnes qui font le tampon entre la créa et le service commercial/les clients et fournisseurs. Ne pas confondre avec les reproductrices, ces dernières ne mettent jamais de tampons.
*** parties : les castagnettes, les rouleaux, les choses de la vie quoi..
*** Séguéla : Djacques Séguéla. Qui n'a pas dit que des conneries, la preuve : " Ne dites pas à ma mère que je bosse dans la pub, elle me croit pianiste dans un bordel". Excellent, non ?


     A suivre.

Par Lolo Graf
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Mardi 20 mai 2008


                Je passe par la place du Terrail et je déboule rue Massillon par la rue Savaron. Le petit troquet « Le Massillon » ou encore chez « l’Amiral » pour les anciens du quartier, m’invite à me poser sur sa mini-terrasse à l’abri du vent : j’abdique et après j’irai bosser, promis. Je suis le seul taré* à me mettre en terrasse à cette période de l'année, mais j’ai besoin d’air.


              Des têtes connues encore (le syndrome du petit village que tous les urbains connaissent dans leur quartier), le cordonnier d’en face, deux-trois antiquaires, un rentier, un commercial désœuvré, un ou deux architectes en quête d’inspiration, des barmans du soir en pause de l’après-midi, un alcoolo notoire, quoique tous un peu alcoolo en fait.

             C’est vrai que l’alcoolisme est un fléau, certainement le plus grave d'ailleurs. Mais sans les bistrots, comment les gens se rencontreraient-ils ? sur internet ? quelle tristesse. Et les brèves de comptoirs ? les soirées passés à refaire le monde avec des gens encore inconnus une heure avant ? cet instant délicieux ou ton regard croise celui complice de cette jeune fille charmante que tu n’aborderas pas afin de conserver intact ce petit moment de bonheur. (et surtout afin d'éviter de se prendre un beau rateau devant tout le monde..). Les échanges de blagues à deux balles, les ragots, les histoires, les confidences, pour tout ça il faut un lieu, c’est le bistrot. Pour les russes au début du siècle d’avant, « bistro !» ça voulait dire « vite ! », pour moi ça veut dire prenons le temps, arrêtons-nous de courir bordel (après quoi et pourquoi faire ? on finira tous au même endroit, c’est simplement une question de temps). Prenons le temps de parler, discutailler, même si c’est pour dire des conneries. Franchement entre un tchat sur msn et un bon zing, pour moi il n'y a pas photo. Patron, remettez-nous ça !!

 

Alors je me pose :  « un café, une cigarette** ». Ca me démange, il faut que je sache. J’attends d’être servi, puis je me dirige aux toilettes, je me ferme, et je sors un sachet. C'est un bistrot de quartier et non un bar branchouille de soirée, il n’y a pas de lavabo clean avec tablette et tout le tutim***, pas très pratique pour faire des tests comme je m'apprête à le faire. Je tape un coin de carte bleue dans le sachet, que je dispose sur une autre carte, j’aplatie, je taille un Paris-Tokyo, j’aspire avec mon 20 euros roulé en paille. Wuh putty !**** Infernal. Il me faut bien 2-3 minutes pour accuser la montée dans les méandres embrumées de ce qui me reste de cerveau, ça m’a scotché contre le mur. J’en tremble, je galère pour ranger mes cartes. Parkinson m’a retrouvé, mes jambes sont en cotons, j’ai la mâchoire serrée, la rate qui se dilate, tout fout l’camp.

                Il faut que je sorte des wc, sinon ça va faire louche. Je retourne à ma table, l’air le plus naturel possible, mais je sens que je me suis transformé en hibou, je dois avoir des yeux comme des phares de deux-chevaux. En tout cas c’est clair, n’en déplaise à Fernand Raynaud, ce n’est pas du sucre en poudre. Test ok.


               J’avale mon café à contre-cœur, déjà suffisamment speedé, je rallume une clope que je négocie en trois bouffées, j’ai ce goût amer caractéristique dans la bouche et le palais anesthésié. Bon, faut que je bouge. C’est parti.

                A suivre...


* taré :  il y avait aussi "débile" ou "abruti", pas mal non plus.
** "un café une cigarette" :  titre d'un polar de Jean Jacques Busino que je vous conseille.
*** tutim :  j'aime bien ce mot, en plus il permet d'éviter des descriptions interminables. On n'est pas chez Zola ici !.
****Wuh putty ! :  Wouha Putain ! version locale.

Par Lolo Graf
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Lundi 19 mai 2008


            J’acquiesce à son idée de génie, et m’empresse de descendre l’escalier en évitant de courir. Tant pis pour toi mon garçon, je te laisse en plan, mais 200 g à 70 euro le gramme, ça devrait bien arranger mes finances. Alors tu m’excuseras de ne pas m’attarder, il y a certains locataires de cet immeuble que je souhaiterais éviter de rencontrer.

           J’atterris sur le palier qui mène à l’entrée de l’immeuble lorsque la porte s’ouvre et entre une femme d’une cinquantaine d’années, grande, brune, jupe prêt du corps coupée admirablement (euphémisme pour dire nana bien roulé..) très classe, qui a dut en faire baver plus d'un dans sa jeunesse. Elle force le respect et me gratifie d’un bonjour poli et souriant auquel je réponds un minable "bonjoir" à la Bigard, c’est à dire n’importe quoi, avec la tête honteuse et baissé du gars qui sort d’un sex-shop en pleine après-midi rue Ballainvilliers.


          Mon pif * (encore lui) me dit que c’est LA locataire qu’il ne fallait pas que je croise. Je ne me pose même pas la question, j’en suis sûr. Et merde, fallait que ça m’arrive. S'il y avait un festival de la poisse je serai en Guest Star sans problème. Je sors, je suis sur le trottoir de la rue St Hérem, et cette ville qui m’a vu naître et grandir, que je connais par cœur ou presque, tout d’un coup j’y suis perdu. Mais alors ce qui s’appelle largué.


           Je ne sais pas si je dois repasser chez mon ex avec le risque d’être suivi, retourner bosser directement, ou prendre un aller simple pour un pays étranger ou on ne me retrouvera jamais, style la Dordogne ou la Picardie**. Cette dope je ne l’ai pas encore goûté que je suis déjà parano, elle est forte la garce. Je laisse mes jambes décider de la direction et finalemlent je remonte la rue, en direction de l'Hôtel de Ville.


          Je n’ose pas me retourner, je décide de marcher et marcher encore, puis poser le colis en lieu sûr. Ensuite j’aviserai. Je passe par la Cathédrale, place de la Victoire je croise quelques têtes connues que je salue d’un hochement du chef. Le temps humide de ce début d’année et le vent froid qui tourbillonne à cet endroit n’incite pas à sortir les mains des poches, ni à se taper la causette (encore moins à se taper Cosette, vraiment trop froid) ça m’arrange, trop flippé pour faire la conversation.


           J’attaque les petites rues du vieux Clermont, celles-mêmes arpentées jadis par Alexandre Vialatte, et qu’il a su décrire admirablement. Allez voir les recueils de ses chroniques, vous m’en direz des nouvelles (ou inversement). Je gamberge, j’essaie de faire le point. Qui a mon nom ? la proprio et c’est tout. Le serrurier je ne lui ai pas donné. Bon, je vois mal quelqu’un appeler se plaignant d’un vol de 200 g de Coke, que c’est inadmissible et qu’il va porter plainte. Il faut juste qu’elle ne me retrouve pas. Je suis physionomiste, j’ai photographié son visage. Reste à me faire oublier et à l’éviter, ça devrait marcher.

              Enfin.., j’espère…


* nez : "c'est un roc ! un pic ! c'est un cap ! que dis-je c'est un cap, c'est une péninsule !"
* La Picardie : j'avais également pensé à m'expatrier en Creuse, mais il faut un passeport et des vaccins à jour, alors..
A suivre...

Par Lolo Graf
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Vendredi 16 mai 2008


                 J’entre dans le salon. 

                 Visiblement, c’est des gens aisés qui habitent ici, pas de ceux de la « France d’en bas » comme aiment à formuler certains politiques peu fréquentables*. Ca sent la tune. 

                 La déco est de bon goût, style chez Mur ou Roche Bobois** pas trop chargé, intelligemment disposé de manière à être mis en valeur, tout en laissant respirer l’espace. 

                Je reconnais un canapé Cinna ainsi que deux chaises de Stark, dans le plus pur style minimaliste pompé-sur-les–japonais qui le caractérise. (Mais après tout pourquoi pas. Ne vaut-il pas mieux être très inspiré et faire du boulot de qualité qu’être un « pure » créatif*** et faire de la merde ?)
                C’est l’espace qui met en valeur les objets, qui leur permet de respirer et de s’exprimer complètement. Comme c’est le blanc autour des lettres qui permet de lire un mot, une phrase, une accroche. Il y encore des gens qui pense que plus on écrit gros, mieux ça va se lire (  
les cons   ). D’autres accumulent et entassent les objets pour les montrer, sauf que lorsque il y en a trop, on ne les voit plus. Ils sont noyés dans la masse et s'annulent les uns envers les autres. Trop d’infos tue l’infos et trop de nymphos moi je dis : je ne suis pas contre... 

                  La règle, finalement, c’est qu’il n’y a pas de règle. L’accumulation « intelligente », c'est possible et ça peut être très agréable, mais un désordre ça s’ordonne, ça se travaille, ça s'agence, sinon c’est le bordel. Bref.


                 L’ambiance de ce lieu me plait. J’aime le minimalisme. Ce que j’aperçois alors sur la table du salon me scotche littéralement  : 4 sachets de poudre blanche, posé négligemment. Mais pas des képas, des petits sachets d'environ 100g chacun à vue de nez si je puis dire.


                Je ne sais pas ce qui me prend, ma morale et mon éducation judéo-chrétienne se mettent en pause syndicale l’espace d’un instant, et c’est mon nez ainsi que mon porte-monnaie (qui crie famine ou plutôt farine), qui poussent ma main à s'emparer d'un sachet. J’en taxe un, puis un deuxième et je les enfourne dans la poche de ma veste tout en essayant de ressortir de la manière la plus naturelle possible, sans m’affoler. Genre tremblotant avec des grosses gouttes sur le front, hyper-naturel, quoi..
                Comme lorsque j’étais gosse et que je sortais de la boulangerie les poches remplis de bonbons, la peur au ventre.

                 Je retourne vers mon compagnon d’infortune, l’air penaud, en fait, je dois être de la même couleur que le contenu du sachet. Sourire forcé.. Lui, n’a pas l’air en meilleur forme que moi, car il va devoir finir cette putain de porte et tout recommencer à l’étage du dessus, il a les boules ça se sent. Il essaie de dédramatiser en me proposant d’aller boire un café au troquet du dessous en attendant qu’il ait terminé, "que c‘est pas bien méchant, qu’il n’en a pas pour longtemps". Et là d’un coup, Passe-partout et son trousseau, je l’aime. Il vient de me sauver la vie.

* : inutile de les citer tous, c'est pas un annuaire ici..
** : merci de m'envoyer des bons de réductions directement chez moi
*** : oui, bon je sais, ça existe aussi des vrais créatifs talentueux. Mais ils sont rares, et puis commencez pas à me faire chier, hein !

A suivre

Par Lolo Graf
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Vendredi 16 mai 2008


            Des grands coups de perceuse, il n’est pas là pour rigoler mon "gars l’serrurier". J'ai
l’impression qu’on est en train de faire un casse en plein jour. Du bruit dans la serrure de la porte d’en face nous interrompt, une dame sort, la soixantaine bien tapée, cheveux blanc, l’air inquiète pour ne pas dire apeurée. Aie, ça sent l’embrouille.. 
 

 

- Puis-je savoir ce que vous faites avec cette porte ?! Qui êtes-vous ?

- Ne vous inquiétez pas Madame, tout va bien, c’est la propriétaire qui nous envoie. Elle n’a plus les clefs, c’est la raison de notre présence, lui pour ouvrir et moi pour visiter. Et puis merde, lâchez-nous ! c’est déjà assez pénible comme ça..

 

            Non, la fin je l’ai seulement pensé très fort, avec l’envie très forte également de partir en courant et de tout planter là. Elle nous a regardé avec autant de confiance dans le regard que celui de ma banquière* quand je lui dit que « tout va rentrer dans l’ordre rapidement, y’a pas de souci » ; et à refermé sa porte sans un mot.

Bon, le voisinage, ça démarre moyen. Pas très coopérative la p’tite dame.

Enfin, Master at Work a terminé, il entame visiblement la prochaine étape, à savoir remettre un nouveau verrou. Lui l’appartement, il s’en branle, son travail s’arrête à la porte. Ce qu’il y a derrière n’est pas son problème.

 

Je profite d’un instant d’hésitation de mon acolyte sur le choix de la nouvelle serrure pour pousser la lourde et j’entre.

 

J’ai, comment dire, un mélange de surprise, de mal à l’aise et une envie nerveuse de rire, parce que je viens de comprendre la boulette**…On s’est trompé de pallier, et donc d’appart. Un loft de 55 m2 vide, ça n’a rien de commun avec un F4 avec des cloisons partout, des meubles, des vêtements sur les chaises et du courrier ouvert sur la table..

De toute façon, c’est fait, alors je pénètre dans l’appart..

Je déambule dans cette intimité étrangère, histoire d’être bien certain qu’on est qualifié haut la main pour le concours d’abrutis. Poussé également par un peu de curiosité et de voyeurisme , je dois bien l’avouer.

* banquière : personne sans morale mais qui vous la fait constamment.
** boulette : erreur, crotte de nez, bout de shit

A suivre

Par Lolo Graf
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